Malgré le titre de cet article, il n'a pour but ni d'évoquer la cécité de ma grand-mère maternelle, ni de disserter sur mes cours d'enseignement scientifique - formule désignant à la fois la "physique-chimie" et les "SVT" en classe de 1ère littéraire (l'usage des guillemets est intentionnel : il exprime non pas la répugnance que j'aurais pour ces matières en raison de la section dans laquelle j'étudie, mais au contraire le mépris que j'ai pour ceux qui pensent que, parce que littéraires, certains élèves de lycée général sont définitivement trop stupides pour comprendre des notions scientifiques dignes d'un autre niveau que le CE1)... (j'imagine qu'étant donnée la taille de la parenthèse précédente, mon avis sur la réforme du lycée pourrait bien constituer un article entier) - dont le premier chapitre porte sur l'optique.
Cette semaine, du fait du manque de délicatesse de certains médias, des images à mon avis très violentes ont été imposées à mes pauvres petits yeux, qui ne supportent pas d'être témoins de ce genre de scène, que ce soit dans la vie ou au cinéma...
Ainsi, alors que je m'apprêtais à écouter je ne sais quel chef-d'oeuvre de Jean-Jacques Goldman* sur youtube, la page d'accueil me présenta sans crier gare des vidéos du lynchage de Kadhafi... Je savais déjà qu'il était mort, cela ne m'avait évidemment pas fait énormément de peine (quoique je trouve scandaleux que certaines personnes ayant du recul sur la situation - à savoir la Terre entière moins les Lybiens - trouvent le moyen d'étaler leur joie face au décès d'un homme, aussi monstrueux fut-il, sur les réseaux sociaux - je cite : "Kadhafi est mort :)" ou encore "un enculé de moins sur Terre ! :)" ; rétablissons donc la peine de mort si tout le monde trouve cela si excitant...), mais avais-je vraiment besoin et surtout envie de constater par moi-même qu'il baignait dans son sang ? J'affirme que non.
Quelques heures plus tard, en regardant Soir 3, je fus tout aussi enchantée de voir, au milieu d'un sujet sur les risques d'une prise de pouvoir par les islamistes dans les pays du printemps arabe, le visage d'une femme dont le nez avait été coupé pour tentative de fugue, ou le corps d'une autre, lapidée pour adultère... Je sais bien que ces images reflètent une abominable réalité qu'il est important de connaître tant qu'elle existe, mais il me semble que des mots auraient suffit à me faire entendre l'horreur de la situation dans certaines régions du monde.
J'ai aussi conscience qu'il est aisé de me heurter étant donné que je supporte extrêmement mal la vue de violences physiques, mais que tous les téléspectateurs ne sont pas aussi sensibles que moi. Cependant, j'aurais apprécié un petit effort de la présentatrice (ou encore des modérateurs de youtube, où les contenus choquants sont, il me semble, supposés être prohibés) qui aurait sans doute pu glisser une phrase d'avertissement dans son introduction au reportage...
Certains diront que quoiqu'on y fasse, la violence est partout : pourquoi chercher à me protéger d'un mal inévitable ?
Inévitable aujourd'hui, oui, mais peut-être pas demain... qui sait ? Si nous partons du principe que ces immondices sont tolérables pour nos yeux, il est évident qu'elles finiront par devenir tolérables pour nos modes de vie... Et j'ose espérer que c'est ce à quoi s'oppose la majorité des êtres humains.
*à l'origine, je souhaitais écrire cet article sur un ton plus ou moins humoristique pour traiter de ma sensibilité excessive qui me fait parfois dire "la violence me fait mal aux yeux" ; je me suis un peu emportée au fil des mots, et ma référence à J.J.G. contraste vraiment, à la relecture, avec le reste du texte... mille excuses pour ce manque de cohérence